
Le bois, c'est sa passion. Maurice Merlet a démarré comme apprenti à 15 ans. Il dirige actuellement IC-Bois (Industrie charpente bois), à Sérent. Il attache une grande importance à la formation les jeunes.
La construction en bois se porte bien. L'entreprise IC-Bois (Industrie charpente bois), à Sérent, a vu la demande augmenter considérablement ces dernières années. Installés zone du Gros-Chêne depuis 6 ans et demi, ses ateliers ont doublé de surface et font près de 3 000 M2. L'usine, qui construit des ossatures, charpentes, aménagements divers comme des ponts et passerelles en bois, emploie une quarantaine de personnes.
« Le bois est un matériau renouvelable »
Maurice Merlet est un fervent partisan de l'apprentissage et attache de l'importance à la formation des jeunes, mais aussi à la formation continue pour ses salariés. «Un tiers de l'effectif a moins de trente ans», fait remarquer d'emblée le patron. «On compte actuellement deux apprentis en CAP et deux en formation pour un brevet professionnel. Je veux montrer aux jeunes qu'il y a dans ce métier des possibilités de faire sa vie, de trouver un intérêt et même une passion. Les métiers du bois et de la construction en général offrent des possibilités.». Il cite en exemple, un de ses jeunes salariés qui est entré à 15 ans en apprentissage et a été embauché à 17 ans avec un CAP. « Il est maintenant chef d'équipe à 20 ans et continue à progresser».
Lui-même a démarré très jeune comme apprenti, à l'âge de 15 ans. Après 25 ans d'expérience, il a fondé IC-Bois en 1987, avec 17 personnes. Le chiffre d'affaires annuel s'élève aujourd'hui à près de 4 millions d'euros. Il croit au bois dans la construction, parce que c'est un matériau durable. Sa vision des choses a le vent en poupe. Ses maisons en bois aussi. «Quand on exploite une forêt, on la replante. Le bois est renouvelable. Utilisé dans la construction, il nécessite moins d'énergie et d'eau que la construction traditionnelle. Une maison en bois est aussi plus confortable et est plus facile à chauffer. Le bois est naturellement isolant».
Une recherche esthétique
Avec fierté, il montre des maquettes de réalisation pointues et des photos de la charpente du clocher La Menais, réalisée en 1998. L'entreprise vient aussi de réaliser celle de la structure du cloître des Carmes abritant la Maison de l'emploi. «C'est une véritable oeuvre d'artiste. Des gens dessinent et fabriquent cela. Il y a aussi une recherche esthétique. Il faut des années de métier pour avoir la capacité d'aboutir à certaines réalisations».
C'est aussi tout ce savoir-faire technique, voire artistique, que Maurice Merlet souhaite voir transmis aux jeunes. D'où son attachement à l'apprentissage. «Je mets beaucoup de noblesse dans le terme «apprenti». Je me considère moi-même toujours comme apprenti. J'ai trouvé dans ce métier de l'intérêt et une passion pour construire avec le bois. Former des jeunes, c'est construire la vie ».
Que pense-t-il du projet d'avancer l'apprentissage à 14 ans ? «II faut voir au cas par cas. Cela ne doit pas être systématique. Pour un jeune qui est bloqué scolairement, pourquoi pas? Mais cela ne doit pas être une voie de garage ».
Nathalie JAY.